... ou que viennent faire les militaires dans la fête de la prise de la Bastille ?
En général, je n'aime pas particulièrement réagir à l'actualité, mais je vais faire une entorse à ce principe... Juste parce qu'on entends un peu trop gueuler les politiciens démagos de gauche comme de droite suite aux déclarations d'Eva Joly. Donc mon intention n'est pas de soutenir le personnage, hein ? c'est pas mon style... mais plutôt l'idée émise dans ses propos :J'ai rêvé que nous puissions remplacer ce défilé (militaire) par un défilé citoyen où nous verrions les enfants des écoles, où nous verrions les étudiants, où nous verrions aussi les seniors défiler dans le bonheur d'être ensemble, de fêter les valeurs qui nous réunissent.
Il s'en est suivi un brouhaha d'élan patriotique mono-neuronaux en tout genre, évidemment à la sauce politicienne, c'est à dire qu'à un argument logique et censé, ils ont tous rétorqué en chœur un déballage d'ânerie et autre persiflage, parce qu'évidemment, quand on n'a pas de bons arguments contre une idée, on fait des attaques personnelles contre celle qui l'a proposée, dans le cas présent en insistant bien sur le fait qu'Eva Joly est née Norvégienne. Et que c'est sans doute pour ça qu'elle ne connais pas l'histoire de France.
Alors je vais vous la faire simple...
Pendant la prise de la Bastille qu'on est censé commémorer au 14 juillet, ce sont les citoyens qui ont donné leur vie, pas des militaires. Parce que pendant une révolution, les militaires, ils sont plutôt dans le camp d'en face. Faut vraiment manquer du bon sens le plus élémentaire pour ne pas comprendre que faire défiler des militaires ce jour là est d'une absurdité absolue.
Et puis les défilés militaires, c'est pas plutôt l'apanage des dictatures et des soviétiques ?
Mais ça, houlala... les politiciens n'en parleront pas... A part jouer les indignés pour masquer leur manque d'argument, ils ne savent pas faire grand chose.
vendredi 15 juillet 2011
Le Défilé du 14 Juillet...
Section : brève
dimanche 19 juin 2011
Petit Dictionnaire des Temps Modernes
(parce que sinon on ne comprends rien quand on lit le journal)
Populisme : Terme péjoratif désignant avec mépris l'attitude d'un gouvernement qui cède exceptionnellement aux pressions du peuple. Ne pas confondre avec démocratie (soyons sérieux).
Démocratie : Se dit d'une institution étatique originale où le peuple peut choisir son despote tous les 4/5/7 ans. Certaines contrées encore plus astucieuses ont même poussé le concept jusqu'au Bi-partisme, constatant que ce serait trop compliqué pour le peuple d'avoir trop de choix. Éventuellement, un état démocratique dénoncera toutes dictatures qu'un peuple ne se serait pas auto-infligé.
Bi-partisme : Bonnet-blanc, blanc-bonnet. Ne pas confondre avec Parti Unique, son ennemi intime (moins y'a de parti, mieux c'est, mais quand même, un seul parti, ce n'est plus de la démocratie, soyons sérieux).
Transparence : Ennemi juré de la démocratie, car comme dit le sage François B. «une société transparente c'est une société totalitaire» (Prix George Orwell 2011). Voire aussi la guerre c'est la paix.
Troisième pouvoir : Voire aussi contre-pouvoir, se dit du pouvoir médiatique des journalistes dans un pays démocratique, dont le but est de contre-balancer le trop grand pouvoir du droit de vote citoyen, trop souvent utilisé de façon non-éclairé. Les journalistes éditorialistes (dites Élites, voire Lumières) sont de véritables bergers bienveillants, dont les conseils avisés et experts sauront vous donner les bons arguments contre les infidèles du quotidien, et vous inspirer devant l'urne.
Ministère de la Défense : Ministère ayant pour mission de coordonner les offensives militaires.
Ministère de la Santé : Ministère ayant pour mission de cacher au peuple les risques sanitaires qu'il encoure, tout en lui faisant peur avec des épidémies bénignes. Pendant son temps libre, le Ministère de la Santé soutient le fragile tissus économique pharmaceutique en commandant des tonnes de vaccins qui ne seront jamais écoulés, c'est dire la Grandeur d'Âme de ces charitables administrés !
Ministère de l'Éducation : Ministère ayant pour but de diminuer le nombre d'enseignant, ayant été prouvé que ces derniers sont la cause directe du manque d'éducation de notre progéniture.
Ministère de l'Économie : Ministère ayant pour mission de dilapider joyeusement l'argent publique, tout en taxant les économies des ménages modestes, et en exonérant les grosses fortunes (pour pas qu'elles partent à l'étranger, bien-sûr).
Gardien de la Paix : «Au lieu de nous la garder, vous feriez mieux de nous la foutre...»
La Dette : Un gros chiffre avec un signe «-» devant, inscrit quelque part, dans un registre, personne ne sait où. Présage qu'il va falloir se serrer la ceinture !!!
Économie : La Bête. Nous l'avons inventé, elle nous a asservi. Maintenant il faut la nourrir, tous les jours. Ça sert à quoi déjà ? Non parce que si ça n'a que des inconvénients votre truc, là... on ne pourrait pas (enfin moi je dis ça comme ça, hein ?), faire comme si ça n'existait pas ? C'est peut-être idiot comme idée... non je m'excuse, j'ai rien dit..
Enseignant : Gauchiste encore sous les ordres du communisme rampant de l'ex-URSS, responsable de l'aliénation de votre progéniture.
Communisme : Doctrine égalitaire prônant le Travail avant tout, surtout la bonne grosse sueur. L'ouvrier (dites Prolétaire) en régime communiste travaille autant qu'un ouvrier en régime capitaliste, et vît dans un environnement aussi miséreux, mais il est heureux parce que c'est un honneur d'être un Prolétaire, et c'est une Gloire de donner sa santé pour l'International, telle une courageuse petite fourmi pour sa fourmilière ! (Avouez que ça a quand même plus de gueule que de ruiner sa santé pour engraisser un patron, non ?) Le communisme résout efficacement le problème des inégalités sociales : tout le monde est pauvre, sans distinction de classe sociale ou de sexe ! Tout appartient à l'état ! Certains y aurait trouvé des ressemblances avec un capitalisme d'état.
Riches : Sans eux, les pauvres n'auraient pas de travail. Mais ils auraient l'argent des riches, non ?... Tais-toi ! T'imagine si ça se savait ?
Milliardaires : Ne surtout pas leur faire payer d'impôts ! Sinon ils vont partir à l'étranger ! Mais si ils ne paient pas d'impôts on s'en fout économiquement qu'ils restent ici, non ?
Armée : Caste bénéfique à la société. C'est grâce à eux que nous pouvons dormir tranquille, car les militaires nous protègent... des militaires d'en face...
Président de la République : VRP multicarte, on l'envoie aux quatre coins du monde pour vendre des avions, des centrales nucléaire et du matériel militaire, le tout dans le plus grand respect de la doctrine Libéraliste en vigueur.
Real Politic : Se dit lorsqu'un homme politique important sacrifie héroïquement le Salut de son Âme pour le bien du PIB de son pays. Les journalistes le congratulent alors par la formule rituelle : «Une bien belle leçon de Real Politic». Antonyme : Utopie.
Droits de l'Homme : Ce que dit un ministre français quand il visite un régime totalitaire, en interlude entre le contrat de vente d'Airbus et le contrat de vente d'arme, pendant que son homologue étranger est parti se soulager aux toilettes, et qu'un journaliste (le hasard rien de plus) est là pour l'interviewer.
Libéralisme : Doctrine très soucieuse des libertés, dénonçant le poids insoutenable que le méchant état fait subir aux entreprises en leur prélevant plein d'impôts injustes, qui pénalise l'essor économique... La société, c'est mal, les idéologies, c'est mal... la seule solution : laisser à ceux qui ont de l'argent le droit de disposer du monde comme ils le veulent ! La vraie liberté quoi ! Attention toutefois, il aurait été remarqué que le libéralisme tourne parfois au gré des vents (voire Moralisation du Capitalisme).
Capitalisme : Doctrine ancestrale (vieille de plus de 400 ans - ah mais attention, ne pas confondre avec l'homme des cavernes TM, hein ? rien à voir !), ayant pour principe que tout appartient à quelqu'un, que tout se monnaye, et que la préservation de cette notion de propriété doit être une priorité quasi-absolue. Ce droit de propriété qui semble confortable au premier abord implique surtout que dès que vous sortez de votre petit studio (si tant est que vous en soyez propriétaire), où que vous irez, vous serez soit chez quelqu'un, soit sur une route goudronnée. Beaucoup s'accordent à dire que le capitalisme «c'est nul, mais que c'est le système le moins pire». Sans doute que c'est trop effrayant d'essayer autre chose de nouveau... Houlalà, qu'est-ce que je dis moi... sans m'en rendre compte j'ai frisé l'utopie... c'était moins une.
Moralisation du Capitalisme : Expression employée lorsque le libéralisme est en faillite, et que le pas-si-méchant état lui donne plein d'argent du contribuable, en échange de quoi les banquiers faillitaires promettent de ne plus faire de bêtise avec l'argent qui n'est pas à eux (au carré). Certaines mauvaises langues d'un populisme éhonté diront aussi : «privatisation des gains, socialisation des pertes».
Privatisation : Se dit lorsqu'une une entreprise publique salutaire et égalitaire est revendue pour une bouchée de pain, dans le but que les experts du privé la modernise... c'est à dire que le service rendu sera de plus en plus déplorable et défaillant, pour des tarifs de plus en plus chers pour les usagers, le tout en supprimant le plus d'emplois possible.
Économie Sociale de Marché : Coca-cola light. On t'as mis de l'aspartame à la place du sucre, t'as vu ? Au lieu de devenir diabétique t'auras des problèmes neurologiques et cardiaques. On pense à tout, hein ?
Parti politique : Intermédiaire nécessaire entre le peuple et la souveraineté, visant à canaliser le pouvoir démocratique populaire, car il est bien connu que le peuple est trop bête pour gouverner, ça serait une catastrophe. C'est là le rôle du parti politique : savoir mieux que le peuple ce qui est bon pour lui. Le peuple trop simplet exerce donc une démocratie par procuration, en procurant leur pouvoir démocratique à cette élite. Toutefois, même ce pouvoir est bien trop grand pour de si petite main, c'est pour cela que le Troisième Pouvoir existe.
Syndicats : Chauve-souris. Oiseaux, voyez mes ailes, souris, voyez mes poils.
Modernisme : Ensemble d'idées à la con, qu'on n'avait pas eu il y a cent ans. Toutefois, refuser la modernités c'est forcément vouloir retourner au temps de l'homme des cavernes TM. Alors ferme-là et vis avec ton temps !
Utopie : Péjoratif, se dit d'une idée qui pourrait rendre la vie en société meilleurs, mais qui ne fait pas sérieux. Généralement, il s'agit d'une idée simple, facile à comprendre par tous, dont la porté ne nécessite pas l'avis d'un expert, et réalisable si seulement nous jouions le jeu rien qu'un peu. Heureusement que les Monsieur Papa du monde entier, qui ont fait des études prestigieuses, sont là pour tout saborder : le bonheur c'est puéril, et ça pourrait vite arriver ! C'est une vigilance de tous les instants ! Heureusement qu'il y a des gens sérieux...
Anarchiste : Salopard qui fait pousser des légumes à la campagne et qui possède des livres dans sa bibliothèque que c'est même pas des biographies de Zidane ou de Djhonny. Synonyme de chaos, guerre civile, et terreur. Le jardinage, c'est très très méchants.
Patriote : Personne dont le plus prodigieux accomplissement de sa vie est d'être né de ce côté-ci de la frontière. Le patriote est très fier de son non-choix de faire parti d'un pays. Il n'aime pas ses voisins de pallier (mais ce sont juste des êtres humains, c'est normal), mais aime beaucoup ce bout de tissus coloré qu'il agite à la moindre occasion. La Patrie, personne ne l'a jamais vu, mais ça doit être quelque chose quand même, pour avoir autant de patriotes à travers le monde...
Sport : Au temps de l'homme des cavernes TM, c'était une pratique archaïque visant à entretenir son corps tout en se divertissant avec ses congénères, de façon exclusivement ludique. De nos jours le sport se pratique de deux façons : la première consiste à en faire de façon sérieuse, et de gagner des sommes d'argent véritablement astronomiques sans jamais rien produire, éventuellement en trichant et en prenant des produits dopants qui ruinent la santé (tiens, ça serait pas l'exact opposé du sport archaïque ça ?). La deuxième consiste à se saouler assis, en regardant les premiers en faire, la plupart du temps en y mêlant une bonne fièvre patriotique.
Marseillaise : Hymne national révolutionnaire français sifflé dans les stades de football, irritant au plus haut point les patriotes et les hommes politiques. Ce sont les jeunes contestataires qui la sifflent (cet hymne révolutionnaire donc), pendant que les hommes politiques au pouvoir sont indignés (qu'on puisse siffler un hymne révolutionnaire). Donc les révoltés sont contre la révolte, et les autorités sont révoltées qu'on se révolte contre la révolte. Je ne sais pas pour vous, mais y'a comme un truc qui me chagrine là...
Au 14 juillet, jour de la célébration de la Prise de la Bastille, l'Hymne national est joué pendant la parade militaire. En effet, si il y avait un nouveau 14 juillet, d'aucun douterait que les militaires français se lanceraient à l'assaut aux côtés des nouveaux révolutionnaires pour bouter le régime ! Ah non en fait on me dit dans l'oreillette qu'ils trucideraient les manifestants...
Assistanat : Se dit quand l'état redonne à un contribuable une partie de l'argent que celui-ci lui a versé. Après tout «donner c'est donner, reprendre c'est voler».
Écologie : Doctrine primitive soutenue par les hommes des cavernes TM, qui «si ils le pouvaient, ils nous mettraient des chimpanzés comme ministres». Les écolos sont des personnes arriérés refusant tout progrès, qui préfèrent vivre dans des cabanes plutôt que de supporter un petit asthme tout à fait bénin et anodin pour relancer la consommation. Ils défendent des causes incompréhensives comme la lutte contre le réchauffement climatique (alors que moi je me les caille), la protection des animaux (moi les chats et les chiens, je dis pas, mais les ours, les oiseaux et les poissons, on s'en fout non ?), la protections des forêts (houlàlà, la forêt moi j'y vais pas, ça grouille de fourmis et de moustiques), des rivières (ça mouille!) et de l'air qu'on respire (la marche à pied, c'est bien, mais faut avoir le temps... alors qu'avec ma bagnole, hop, ça va vite). Ne pas confondre avec Bobo.
Bobo : Bohème mais fils à papa, écolo mais qui roule en 4x4, cultivé mais avec des goûts de pauvre, le pédantisme en plus, voyage beaucoup à travers le monde pour clamer son chauvinisme, baroudeur avec un guide, de gauche quand il y a du caviar, de droite aussi quand il le faut (oui parce que «la gauche c'est maman, la droite c'est papa», faut bien un peu des deux, non ?), amateur d'art moderne et en quête de performances insolites (si si, chier au milieu d'une cours, c'est de l'art, c'est subversif), intellectuel (j'ai tout lu BHL), le Bobo sait tout sur tout, a toujours un avis éclairé, mais surtout : il veut vous en parler ! On aimerait juste qu'il nous lâche la grappe un peu de temps en temps...
Subversif : Se dit d'une œuvre d'art insolite qu'au fond de nous une voix nous dit «mais c'est de la merde, non ?», alors Dame Raison rétorque «attends c'est trop subversif, tu te rends compte ? le mec il s'en fout complètement ! C'est un dingue ! Personne ne l'a fait avant lui ! C'est un avant-gardiste !». Rebelles de tous pays, tenez-vous bien ! Les nouveaux artistes sont là ! Tremblez, dictateurs ! Vous avez trouvez plus mégalomanes que vous !
Insolite : Du jamai$ vu TM ! C€ $oir €n €xclu$ivité TM ! Pour la pr€mièr€ foi$ à la télé TM ! À n€ pas rat€r TM ! Épat€ t€$ ami$ TM !
Symbole : Se dit quand on fait semblant de se pré-occuper d'une cause pour soulager sa conscience, ce qui ne changera strictement rien, mais on ne pourra plus nous reprocher d'avoir rien fait (et si on éteignait la tour Eiffel pour protester contre le réchauffement climatique ? Génial ! C'est tout un symbole ! Ouais mais attends, j'ai mieux : dans cinq minutes on la rallume... C'est bon, une fois que le message est passé, ça ne sert plus à rien).
Homme des cavernes TM : Se dit de toute personne refusant la Sacro-Sainte modernité. Les hommes des cavernes TM sont par nature sales et mal éduqués, ne connaissant rien ni à l'économie ni aux enjeux politiques et industriels du XXIème siècle, mais ils se permettent de donner des leçons de vie. Souvent écolos, hippies, alter-mondialistes, autonomistes, décroissants, anarcho-jardiniers, païens, et surtout fainéants... c'est le fléau du PIB et de la relance économique !
Section : sinistres temps modernes
dimanche 10 octobre 2010
La Vérité
Il y a des vérités relatives, et il y a des Vérités Absolues.
La Vérité Absolue peut parfois déranger parce qu'elle nous mets face à un problème crucial : «et si je me trompais ?». On préfèrera souvent se dire que chacun à sa vérité, pour éviter le problème et rester dans son petit confort intellectuel.
Et pourtant, il y a du Vrai, et il y a du faux, et il y a du relativement vrai.
S'il n'existait pas de Vérité Absolue, le monde lui-même n'existerait pas, c'est évident : c'est cet Absolu qui maintient le monde. Sans ce ciment, le monde s'éparpillerait loin de toute existence...
Cependant, le fait est que cet Absolu est inintelligible pour l'homme, alors l'homme fait de son mieux pour approcher, toucher du bout des doigts cet Absolu, en érigeant des petites vérités relatives. Et il existe une multitude de vérités relatives pour une seule Vérité Absolue...
Et les hommes débattent, et débattent, encore et encore, et même parfois se battent pour imposer leur petite vérité chérie, celle qu'ils ont choisi arbitrairement mais en se croyant objectif, et qui n'est qu'une interprétation possible parmi tant d'autres de la Véritable Essence.
En se retranchant derrière leurs petites conceptions inférieures, et en établissant des frontières stériles, en revendiquant haut et fort leur appartenance à tel ou tel courant de pensée, ils ne font que morceler bien plus leurs vérités déjà relatives, si bien qu'en continuant à chercher à se différentier des autres «courants» de pensée, ils finissent simplement par transformer du relativement vrai en du grossièrement faux.
La sagesse commande la réaction inverse : c'est en acceptant que l'on n'a pas touché le Vrai Véritable, en écoutant les petits vrais des autres, en comprenant en quoi ils sont similaires aux nôtres plutôt qu'en quoi ils diffèrent, en les intégrants, en ressentant l'Essence derrière la façade des grands concepts... que petit à petit, on s'approche de cet horizon impalpable... la Vérité est au delà...
Section : philosophie et réflexions
jeudi 27 mai 2010
Vulnérable
L'Âme sous la peau, palpable à demi-mots, j'ai le souffle qui balbutie, les sentiments en hémorragie, irisé de ces caresses, légères, autant qu'allégresses... d'émotion en ébullition, de mots du cœur en suspensions... ... ...
Du cœur de l'Âme, du corps des larmes, l'immensité de ma fierté, repose, fragile, entre doigts de fée, griffes de tigre. Poupée vaudou je m'y complais, à cet instant perdu, à ce destin pendu : l'Âme effleurée ou l'Âme déchirée...
Elle, touchante, touchée... effeuille l'esprit des parchemins et manuscrits, s'échappant des subterfuges, des destins où elle trouvait refuge aux alentours des lettres, atours sophistiqués de son être...
Nue... Ô nue... si fragile et émue... de ses délicates faiblesses à ses délicieuses maladresses, j'ai tout bu jusqu'à l'ivresse, et de mes regards pantois qu'elle en rougisse !... aux soupirs de ses défaillances...
Section : autour d'un mot
mercredi 14 avril 2010
Tao Te King
Aphorisme XIII à XV...
Les faveurs doivent être autant craintes que la disgrâce,
Gouverner l'empire peut causer autant de douleurs qu'un corps
Pourquoi les faveurs devraient-elle être crainte autant que la disgrâce ?
Les faveurs nous affaiblissent, car une fois obtenue, on craint de les perdre,
Une fois perdue on craint de ne plus les avoir à nouveau
Voilà pourquoi on dit que les faveurs sont autant à craindre que la disgrâce
Pourquoi gouverner l'empire peut causer autant de douleurs qu'un corps ?
C'est parce que j'ai un corps
Que je peux éprouver de grandes souffrances
Si je n'avais plus de corps
Comment pourrais-je souffrir ?
C'est pourquoi celui qui considère l'empire comme son propre corps
On peut lui remettre l'empire
Celui qui aime ses sujets comme on aime son propre corps
On peut lui confier l'empire
On le regarde mais on ne le voit pas, il est transparent
On l'écoute mais on ne l'entend pas, il est insonore
On le touche mais on ne le sent pas, il est subtil
Ces trois qualités ne peuvent être éludées par la parole
C'est pourquoi elles se mêlent et ne font qu'un
Son dessus n'est pas éclairé, son dessous n'est pas dans l'ombre
Il est une infinité de choses qui ne peuvent être nommées
Et dont l'écho n'a aucune substance
Ce sont les formes sans formes
Immatériel on dit que son apparence ne peut être distinguée
Allez à sa rencontre et vous ne verrez pas son visage
Suivez-le et vous ne verrez pas son dos
C'est en connaissant le Tao des temps anciens que l'on peut gouverner ce qui est aujourd'hui
Connaître le commencement des anciens temps, c'est connaître l'écoulement du Tao
Les grands érudits des temps anciens
Étaient subtiles, mystérieux et pénétrants
Si profonds qu'on ne pouvait les comprendre
Ces ermites ne pouvant être compris
Il est seulement possible de raconter comment ils transparaissent aux yeux du monde :
Prudents, comme celui qui traverse une rivière en hiver
Vigilants, comme celui qui craint un danger des quatre côtés
Polis, comme l'invité chez son hôte
Effacés, comme la glace qui fond
Simple comme le bois non travaillé
Vide comme une vallée
Trouble comme de l'eau boueuse
Calme comme l'océan
Léger comme une brise
Celui qui est capable de rester trouble, peut calmement redevenir limpide
Celui qui est capable de rester au repos, peut lentement reprendre vie
Celui qui possède ce Tao ne désire pas se remplir
Les ermites ne sont pas pleins
C'est pourquoi ils cachent sous des dehors rudes la fraîcheur-même d'un nouveau né
Section : trésor de sagesse
mercredi 30 septembre 2009
La peur
La Grande Manipulatrice
Une petite introspection sur les origines de la peur, ses mécanismes, ses formes diverses et ses implications dans nos vies...
Parmi les lois fondamentales et essentielles du monde, il en est une que je nommerais Loi de Conservation. Comme toutes lois essentielles, elle est présente dans tous les domaines sous divers aspects.
D'un point de vu des sciences physiques, à l'usage de la matière, elle est présente dans l'inertie des corps. En effet tout corps en mouvement tend à conserver son mouvement identique à lui-même, c'est à dire à vitesse constante et en ligne droite. C'est l'application d'une force à ce corps qui permet de modifier ce mouvement, par exemple pour une balle de tennis, ces forces sont la gravité ou les forces de frottement de l'air...
Un autre aspect de la loi de conservation est tout simplement le principe-matière lui-même, le fait que cette table reste table, ses particules étant agglomérée et restant solidement en place les unes par rapport aux autres.
Toute la physique est basée sur ce système dual : une force et une résistance à cette force. La force s'applique, et l'état du sujet se modifie progressivement. Sans cette loi de conservation, le monde ne serait qu'un chaos bouillonnant, où rien ne dure, et finalement rien n'existe.
Pour les êtres vivant, elle s'exprime à travers l'instinct de survie, parfois de manière concurrentielle entre l'instinct de survie de l'individu, et l'instinct de survie de son espèce. Elle est la volonté des êtres à continuer de vivre, contre les menaces physiques extérieures ou les maladies.
En psychologie, toute résistance au changement provient de cette même loi, tout comme les habitudes que l'on se forge.
La peur est l'émotion qui caractérise une manifestation exagérée de cette loi de conservation chez les êtres qui la ressentent.
D'un point de vu idéologique, ce sont les convictions, les croyances que l'ont acquiert, et dont on ne veut se défaire, même lorsque preuve est faite qu'elles sont incorrects ou infondées.
Inversement, cette peur peut prendre les traits du doute et du scepticisme. Bien que certaines personnes élèvent le scepticisme au rang d'étendard, comme principe ultime d'un esprit éclairé, ce n'est que poudre aux yeux, un vulgaire prétexte pour s'y empêtrer.
Celui qui doute a peur de s'accrocher à la vie, il a peur de la réalité, alors il préfère rester dans l'antichambre du monde, là où l'on peut douter tranquillement de tout sans s'y risquer, comme certains enfants se réfugient dans l'autisme. C'est rassurant le doute. C'est comme reporter une grande décision au lendemain. On évite d'assumer les conséquences de l'établissement d'une vérité...
Car oui, les vérités nous transforment profondément, une fois conscient d'une chose, on ne peut plus continuer à agir et penser comme si nous ignorions encore.
Chaque vérité ouvre notre esprit sur un ensemble plus grand, plus vaste, vertigineux... Il ne faut pas avoir peur de parcourir le monde.
Mais la peur conduit les sceptiques à se contenter des quelques atomes tournant autour de leur ego, jusqu'à s'y noyer. Ce n'est qu'une réaction de rejet du monde, qui essaie vainement de se maquiller en sagesse, pour tromper son hôte...
De toutes les émotions, la peur est celle qui fait commettre le plus d'erreur. Car s'il est vrai que la colère altère le jugement et délègue nos actes à notre impulsivité, elle est une émotion éphémère, et celui qui la ressent ne peut ignorer qu'il est sous son emprise. Sitôt calmé, le colérique sait qu'il a mal agi ou mal pensé, et peut toujours tenter de réparer.
Mais la peur peut autant prendre la forme de peur-panique déclarée au grand jour, nous paralysant le corps et l'esprit, ou autant s'insinuer discrètement dans les méandres de notre être et nous souffler des idées en se faisant passer pour la raison, l'intuition, ou un ressenti... nous trompant une vie entière...
Car elle nous touche plus en profondeur, et tout est bon pour la justifier, jusqu'à se mentir à soi. La peur est l'émotion la plus sournoise, et la plus inconsciente.
On reconnaît celui qui a peur par sa mauvaise foi, son incapacité à regarder l'objet de sa peur droit dans les yeux. Se cachant derrière des raisonnements farfelus, qui persistent même une fois démantelés, il continue vainement à tenir le cap à contre-courant de tout bon sens.
Même un scientifique en proie au scepticisme perd toute notion de justesse dans sa logique, et comble parmi les combles, bâtit ses raisonnements en vu de justifier ses convictions au lieu de construire ses convictions sur des raisonnements impartiaux, une inversion qui est un manquement impardonnable au protocole scientifique.
Quand aux intuitifs et autres mystiques, tout est bon pour s'imaginer des signes et des perceptions nourrissant cette peur. Toutes leurs interprétations sont orientées pour la satisfaire, ils ne voient que ce qu'ils veulent voir... à travers le voile de la peur.
Certaines personnes ont même peur d'atteindre leur but, et devant l'accomplissement, se sabotent eux-même pour échouer. Peur de réussir... peur de l'après... peur d'être plus grand qu'ils ne le sont aujourd'hui...
Et puis il y a la manipulation des masses, nos dirigeants l'ont bien compris : rien ne vaut une bonne peur... Toutes les lois proposées à l'encontre de nos libertés seront toujours appuyées par une campagne de propagande autour de la peur.
La peur tire sa source de la Loi de Conservation, dont elle est un signe d'excès.
Tout est une question d'équilibre... Si la conservation est nécessaire, les forces du changement le sont tout autant. Ces deux principes sont en interaction, la conservation donne de la substance aux forces et les canalise, et la force façonne ce qu'il doit être conservé. Lorsque la peur se manifeste, l'équilibre est rompu, toute force est rejetée et la conservation prends une ampleur démesurée. Les deux principes ne sont plus en interaction saine et harmonieuse, mais en concurrence conflictuelle. C'est le vrai visage de la peur.
Lorsqu'elle s'exerce sur vous, elle vous paralyse, que cela soit physiquement ou mentalement. Elle stoppe votre évolution, elle fait stagner votre vie. Elle limite tout, empêche votre épanouissement et vous fait passer à côté de l'essentiel...
Section : philosophie et réflexions
jeudi 6 août 2009
Inéffable
Nous nous promenions dans un jardin par une douce matinée, foulant pieds nus l'herbe encore fraîche de rosée, flottant, ayant pour seul chemin les effluves florales.
C'est là que nous la vîmes...
Une émotion vive et colorée, scintillante, voletant au gré des vents en chuchotis et frou-frou...
Elle dansait là, tout autour, sans pudeur : nous étions seuls à la voir ! Alors elle valsait pour nos yeux, nous emportant avec elle dans le tourbillon d'un rythme à trois temps... Symphonie, envoutant l'espace et le temps !
Déjà s'envolant au loin dans les cieux, deux-trois boucles en guise d'adieu, elle disparut derrière quelques cotonneux... laissant pour seul souvenir un fil de soie pendillant au firmament.
Nous restâmes ébahies, bouche-bée, émerveillés... Mais que s'était-il donc passé ?
Alors nos pensées s'en suivirent le fil d'Arianne, avide d'en revenir chargées de quelques mots...
A tes yeux écarquillés et ton inspiration soudaine, j'en pressentis l'à-peu-près dont tu allais l'outrager. Alors barrant tes lèvres de mon index, je laissais échapper un «shhh»... comme une brise d'été soufflant dans les blés... ... ...
L'Alchimie est si fragile... Un seul mot pourrait la briser...
Section : autour d'un mot
samedi 11 juillet 2009
Tao Te King
Aphorismes X à XII
Trois aphorismes de plus traduits par mes soins...
Je sais, c'est peu, mais il y en a un qui m'a vraiment donné du fil à retordre...
Êtes-vous capable d'embrasser votre instinct et votre âme et d'en maintenir constamment l'unité ?
Êtes-vous capable de concentrer votre Chi et de redevenir doux comme un nouveau-né ?
Êtes-vous capable de dissiper les mystères et de garder la vue claire ?
Êtes-vous capable d'aimer le peuple et de régner sur le pays sans agir ?
Êtes-vous capable quand les portes du Ciel s'ouvrent puis se ferment, d'être comme une femelle ?
Êtes-vous capable de faire pénétrer votre esprit en des lieux que vous ne connaissez pas ?
Il leur donne la vie et les nourrit
Il leur donne la vie, mais ne se les approprie pas
Il les sert, mais n'attend rien en retour
Il règne, mais sans exercer son autorité
Telle est sa mystérieuse Vertu
Trente rayons se rejoignent autour du moyeu d'une roue
C'est son vide qui rend la roue utile au chariot
L'argile est pétri pour faire un vase
C'est son vide qui rend le vase utile
Les portes et les fenêtres sont percés pour faire une chambre
C'est son vide qui rend la chambre utile
C'est pourquoi si on peut tirer avantage de ce qui est
C'est par son non-être que l'on peut en faire usage
Les cinq couleurs aveuglent les yeux de l'homme
Les cinq notes assourdissent les oreilles de l'homme
Les cinq saveurs éventent le goût de l'homme
La course et la chasse emballent le coeur de l'homme
Les biens difficiles à acquérir entravent les mouvements de l'homme
Constatant cela le sage se préoccupe de son estomac, non de ses yeux
C'est pourquoi il renonce à l'un et adopte l'autre
Le mot Vertu est généralement utilisé pour traduire le mot chinois Te ou De. C'est le mot qui est présent dans le titre de l'ouvrage : Tao Te King. Mais ce mot reste vague traduit et nécessite quelques éclaircissements.
Le Te est la qualité d'un être (ou du Tao lui-même) faisant référence à la simplicité, l'innocence et la pureté extatique, qui le moment venu révèle sa grandeur latente, son potentiel caché, caractérisé par une action efficace. Loin de s'enorgueillir de ce succès, une fois l'action accomplie, cet Être retourne à sa discrétion et son humilité coutumière. Le Te est la capacité à faire simplement ce qui devait être fait. Parfois certaines personnes d'un naturel fragile et faible, de part leur profond sens de la Vertu, parviennent à se surpasser, là où ceux qui passent pour fort restent pétrifiés. Cette force intérieure qui se met en action au moment venu n'est possible que pour une Âme Noble. L'espace d'un instant, à travers la transformation opérée par le Te, l'Être est en parfaite harmonie avec le Tao, si bien que même s'il ne dispose que de modestes moyens, il les mettra en oeuvre avec leur plein potentiel, délivré de toute peur, de toute retenue et de toute hésitation.
De façon plus générale le Te est à la fois la Vertu, et sa mise en oeuvre, qu'elle soit visible ou invisible, que cela soit par un acte concret ou par l'influence passive qu'elle a sur le monde.
Le Chi (prononcez tchi) est un des termes que je me refuse à traduire, car il n'existe aucun mot équivalent dans notre langue, et aucune façon de le remplacer de façon concise et exacte. Autant importer ce terme tel qu'il est dans notre langue, comme de nombreux autres mots étrangés, à peine francisés, sont venus enrichir notre vocabulaire au fil des siècles.
Le Chi correspond à l'énergie au sens ésotérique, au souffle vital. C'est un fluide invisible, immatériel et subtil qui circule non-seulement dans tout être vivant (en médecine chinoise, il circule principalement dans les méridiens), mais aussi dans la nature, ou dans l'air.
Section : trésor de sagesse
lundi 6 juillet 2009
Mélancolie
Tristesse langoureuse, intérieure beauté caressant des idéaux manquées, sentiment mélodieux et vacillante mélopée... Ô... mélancolie ! D'une oisive vertu, tu combles les interstices de nos instants perdus...
Espérance sans objet et promesse esseulée, tes deux ailes n'ont jamais su voler... Ô mélancolie, elles ont le don, de nous ceindre dans nos tendres abandons...
Brise frémissante sur mon cou en émoi, deux petits pieds froids blottis contre moi... Ô mélancolie, ce soir je te ressens, je te goûte ; je te vois : visage pâle, vibrante... ma compagne aimante...
Section : autour d'un mot
samedi 27 juin 2009
Être et Avoir
Tendre schizophrènie.
Aujourd'hui, je me sens plus intimiste qu'à l'accoutumée, et je m'en vais vous conter un de mes vieux démons, me poursuivant sans relâche dans toutes mes relations avec l'autre, cette vieille chimère à deux têtes, à laquelle est traditionnellement associé le verbe Être à l'une, et le verbe Avoir à l'autre.
Chaque fois que j'établis une relation quelle soit amicale ou amoureuse, il y a toujours ce moment où je me rends compte de la véritable nature de l'intérêt que l'autre a pour moi. Ce n'est pas pour ce que je suis... C'est pour ce que j'ai... Pour ce que j'ai à apporter, à donner. Et voilà que mes qualités deviennent mes pires ennemies...
Et je me mets à penser qu'on a tous les défauts de nos qualités.
Celui qui protège est fréquenté par ceux qui ont besoin de protection, celui qui fait rire est fréquenté par ceux qui ont besoin de rire, celui qui a des connaissances est fréquenté par ceux qui les convoitent. Le riche attire les avares, le fort attire le faible. Encore cela ne serait pas si grave, mais bien-sûr il suffit de perdre une de ses qualités maîtresses, pour perdre de son intérêt.
Tout protecteur qu'on soit, on n'est pas à l'abri d'un coup de blues, tout comique qu'on soit, d'une panne d'inspiration, et les connaissances et sagesses dont nous disposons ne sont pas infinies... Et quand la source commence à se tarir, l'intérêt que l'on vous porte décroit, et avec lui cette illusion d'amitié ou d'amour se dissipe peu à peu.
Celui qui est laid, bête, rustre et pauvre, celui qui n'a rien pour lui et qui malgré tout a une femme et des amis qui l'aiment, cet homme là est sans conteste le plus heureux du monde, il est aimé pour ce qu'il Est.
Cela me rappelle cette histoire taoïste de l'arbre tordu. Je me souviens juste de quelques bribes de ce dialogue entre deux hommes. Le premier regarde un arbre tordu, le décrit avec mépris en constatant son inutilité et son apparence disgracieuse. Il est fait d'un bois qui brûle mal, et il est si noueux qu'on ne pourrait en faire aucun outil, aucun ustensile, aucun meuble. Le deuxième homme le regarde en riant, et lui fait remarquer que c'est précisément parce que cet arbre est inutile qu'il est encore debout, alors que tous les autres ont été abattus.
Car tout ce qui est utile est utilisé.
Ainsi les gens confondent "l'aimer" et "se sentir bien avec lui", "l'aimer" et "avoir ses besoins comblés en sa présence". Être et Avoir ne sont rien d'autre que le Sens et la Raison... Ne trouvant aucun sens à l'Amour, ils en cherchent des raisons: "je l'aime parce qu'il est beau, parce qu'il me fait rire, parce que c'est un artiste"... Ne trouvant de sens à l'Amour, ils se cherchent des goûts, rien d'autre qu'une liste de critère que l'autre doit avoir pour passer le test avec succès...
Je préfère les blondes, je préfère les brunes, les grandes, les petites, les minces, les généreuses, les douces, celles qui ont du tempérament...
Toutes ces préférences, ces goûts et critères plus ou moins détaillés, toutes ces raisons pour masquer cette incapacité totale à trouver le sens de l'Amour. Tout ça pour pouvoir expliquer pourquoi c'est cette personne là qu'ils ont choisi, parce qu'elle a telle ou telle qualité, pour se le justifier à eux-même.
Que c'est triste de se dire que ce mirage d'amour nous laisse seul, si seul et incompris. Et quelle conception égoïste de l'amour... L'Amour, c'est une question d'Âme, la langue française avait pourtant vu juste en donnant une racine commune à ces deux mots... mais les gens se sont égarés... Le matérialisme des temps modernes a dû leur ôter peu à peu toute capacité à sentir l'être et le ressentir...
Sans un peu d'empathie, il n'est point d'amour véritable.
Y'a-t-il encore des personnes capables de prendre le temps ?
Le temps d'écouter l'autre, d'écouter la mélodie, la symphonie de son Âme... frémir sur ses variations mineurs, tourbillonner à s'enivrer au rythme de ses allegro, s'attendrir et se languir sur ses piano... Puis faire entrer son Âme dans la danse, et vibrer à l'unisson...
Se dévêtir un à un de tous ses atours, de tous ses avoir, et s'aimer tendrement, l'Âme à nu...
Section : philosophie et réflexions
mardi 19 août 2008
Modération des commentaires
Mes chers lecteurs,
Et non malheureusement ce n'est pas un nouvel article, c'est juste une petite note à propos de la modération des commentaires de mon blog.
Eh oui, il fallait bien que ça arrive un jour, j'ai reçu mon tout premier commentaire imbécile !!! Champagne !
Donc voilà comment ça se passe ici : les messages désagréables sont tout simplement effacés, sans haine et sans violence.
Bien-sûr on peut ne pas être d'accord avec moi, il faut juste le faire dans les règles de l'art. Toutes formes de trolling et autres malhonnêtetés intellectuelles seront effacés du blog, sans tergiverser, sans justification... juste jetés aux oubliettes. Les fâcheux ont beaucoup de temps à perdre et voudraient nous faire perdre le notre, et trop nombreux sont les bonnes poires qui se font entrainer dans un dialogue de sourd. J'ai pas l'âme d'un évangéliste, convaincre autrui ne m'intéresse pas. Et d'autre part, je tiens à ce que ce blog soit d'une assez bonne qualité, la bêtise n'a donc pas sa place.
Merci de votre compréhension !
Section : vie du blog
dimanche 13 juillet 2008
Mon inconstance
Comme vous avez pu le remarquer, si toutefois certaines personnes me lisent encore, cela fait plus de six mois que je n'avais rien écrit...
Eh oui, l'inconstance est une de mes grandes caractéristiques.
Je m'intéresse à beaucoup de choses, sans doute trop, et comme je peux pas tout faire à la fois, je fonctionne par cycle.
J'espère que mes lecteurs réguliers (si j'en ai) ne m'en tiendront pas rigueur, néanmoins, mieux vaut marquer une pause que de raconter n'importe quoi !
Mais assez parlé de moi...
Section : vie du blog
La Démocratie
Plus on en parle... plus... on ne fait qu'en parler !
Ah la démocratie... Si il y a bien un mot à la mode dans la sphère politico-médiatique c'est bien celui-là. Tous les hommes politiques se gargarisent avec ce mot chaque fois qu'une élection a un taux bas d'absention. Evidemment ils se félicitent de cette vague démocratique non pas parce qu'elle va insuffler au pays un bon air de démocratie, mais justement, parce qu'au contraire l'élu ou les élus pourront s'appuyer sur cette forte participation pour... n'en faire qu'à leur tête ! Quelle ironie !
Alors déjà pour commencer, en France, c'est quinze jours de démocratie pour cinq ans de dictature douce. Bien-sûr j'en entends qui me disent qu'il n'y a pas que les élections présidentielles... Sauf que... ce sont de loin les plus importantes, et que de toute façon, le président impose sa politique au reste du pays quelque soit les résultats des autres élections (et c'est particulièrement vrai depuis le deuxième mandat de Jacques Chirac, et le présent mandat de Nicolas Sarkozy, avant cela ne se faisait pas d'ignorer complètement, d'un simple revers de main, les élections locales).
Le symbole des démocraties à travers le monde, c'est le parlement, contre-pouvoir de la fonction présidentielle et du gouvernement. Le mot symbole est tout désigné : en effet ce contre-pouvoir est purement symbolique, surtout en France. Parce qu'en France, la Constitution de la Vème République contient un alinéa magique, le fameux 3ème alinéa de l'article 49 (49.3 pour les intimes), qui permet au gouvernement de faire passer une loi en court-circuitant purement et simplement le Parlement...
Et quand le Parlement fonctionne et fait autorité, cela ne va guère mieux, car les manoeuvres politiciennes font que de toute façon, il n'y a qu'une majorité qui vote toujours en bloc toutes les lois proposées par cette même majorité. Comme si le Parlement n'était qu'un seul homme... Le mode de scrutin lui-aussi est très anti-démocratique, il faudrait que les députés soient élus à la proportionnelle intégrale (c'est à dire sans seuil), or un seul député par circonscription est élu à la majorité. L'Assemblée Nationale n'est donc absolument pas représentative de la diversité d'opinion du peuple. Et si elle n'est pas représentative, elle ne représente pas.
Oh et puis il y a cette aversion envers la contestation, de plus en plus institutionnalisée.
C'est toujours amusant d'entendre certains propos, comme quoi ceux qui ralent (et qui fatalement finissent par descendre dans la rue un jour ou l'autre) sont anti-démocratiques parce que le gouvernement a été élu par le peuple. Eh bien non ! Râler, c'est justement ça, la démocratie. La démocratie c'est quand le peuple décide. Et le président, il devrait juste être là pour faciliter la gestion du pays, une formalité administrative en somme, et ne devrait jamais aller à l'encontre de la volonté du peuple. Sinon il ne peut plus affirmer en être le représentant.
Et puis de toute façon, le ver était déjà dans la pomme... Voter pour quelqu'un, c'est déjà une erreur. C'est de la démocratie par procuration. On devrait voter pour des idées, des projets, des visions de la société, pas pour des individus qui s'accaparent le temps d'une campagne électorale ces idées et projets, et qui bien-sûr une fois élus, ne les mettront jamais en oeuvre. Et pire, qui clameront haut et fort dans les média qu'ils ont été démocratiquement élus. Eh bien non, ce sont les idées qui ont été élues, et il serait tant d'en tenir compte.
Non vraiment, l'existence même de la fonction présidentielle est déjà anti-démocratique.
Alors que faudrait-il faire ? C'est bien de critiquer me direz-vous, mais après il faut proposer ! J'ai bien quelques idées pêle-mêle...
On pourrait contruire dans chaque circonscription une Assemblée Populaire. Une fois par mois, le peuple serait convié à aller y voter des lois, ou éventuellement à y casser les lois votée par le Parlement (ou passée en force par le 49.3). On pourrait y voter une dissolution du Parlement ou la destitution de Président de la République. On y siègerait une demi-journée par mois, contre une indemnité de trente euros, pour inciter le peuple à s'y rendre (c'est peu comparé aux indemnités des députés, surtout au vu de leur absentéisme honteux).
L'autre grande idée serait d'abolir purement et simplement les partis politiques. Ce ne sont que des loges obscures de conspirateurs, qui canalisent l'opinion publique, la prive de sa spontanéité et inondent les média de mensonges qui leurs sont favorables. C'est de la supercherie organisée. Et puis de toute façon l'existence d'une Assemblée Populaire rend caduque l'existence de partis politiques. Plus besoin d'intermédiaires.
Un jour peut-être les hommes seront libres, libres physiquement, et libres en pensée, libres de s'auto-diriger... En attendant ce jour, si j'ai un conseil à donner c'est d'arrêter tout de suite d'être fidèle à un parti. Vous ne réalisez pas que les lignes de conduites de votre cher parti politique changent, et vous continuez aveuglément à voter pour le même, systématiquement...
Défendez des idées, pas les personnes qui prétendent défendre les même que vous. Pas besoin d'une indirection supplémentaire.
Si vous aimez le social, défendez-le, mais ne défendez pas le parti socialiste. Si vous rêvez de communauté, défendez-la, mais ne défendez pas les partis communistes (et encore moins les dictatures maquillées en communisme à travers le monde). Vous aimez la nature, défendez-la, mais ne défendez pas les partis écologistes. Défendez vos acquis mais oubliez les syndicats.
Je suis sûr que certaines personnes ne sont pas d'accord avec cette vision là de la société, mais il faut appeler un chat un chat, la démocratie, c'est ce que je décris, et ce n'est ni la société française ni les autres sociétés affabulatrices tout autour du monde. Et encore moins les pays avec un système de bi-partisme comme le Royaume-Unis ou les Etats-Unis d'Amérique : avoir le choix entre pire et un peu moins pire, quelle mascarade !
Section : sinistres temps modernes
samedi 19 janvier 2008
Tao Te King
Aphorismes V à IX
Voici cinq aphorismes de plus, traduits par mes soins...
Le ciel et la terre n'ont point de compassion
Les dix mille êtres ne sont pour eux que des chiens de paille
Le sage n'a point de compassion
Le commun des mortels n'est pour lui qu'un chien de paille
L'espace entre le ciel et la terre
Est comme un soufflet de forge
Vide mais qu'on ne peut compresser
Plus on puise en lui plus il en sort
Celui qui parle trop disperse son essence
Celui qui se tait la garde en lui
L'esprit de la vallée ne meurt jamais
On dit qu'il est la femelle mystérieuse
La porte de la femelle mystérieuse
Est appelée la racine du ciel et de la terre
Elle semble presque palpable
On peut boire à sa source, elle est intarissable
Le ciel est éternel, la terre est éternelle
C'est parce qu'ils sont éternels qu'ils sont ciel et terre
C'est parce qu'ils ne vivent pas pour eux-même qu'ils sont éternels
C'est pourquoi le sage place sa personne en dernier
Il se met en retrait, c'est pourquoi les hommes le portent en avant
Il se détache de son corps, c'est pourquoi son corps se conserve
Il ne se préoccupe point de son intérêt personnel
C'est pourquoi ses intérêts personnels sont satisfaits
La vertue supérieure est comme l'eau
Elle apporte beaucoup de bien aux êtres sans semer la discorde
On la trouve même en des lieux désertés par l'homme
C'est pourquoi elle est si proche du Tao
Les bons terrains font les bonnes maisons, la profondeur fait les grands esprits
La charité fait les grandes amitiés, la vérité fait les bonnes paroles
La droiture fait les bons gouvernements, l'abilité fait le bon travail
Les moments propices font les grandes actions
Seul l'homme ne s'opposant à personne n'est jamais à blâmer
Remplissez un vase mais vous craindrez qu'il ne penche et se renverse
Affutez une lame mais vous ne pourrez la garder longtemps tranchante
Entreposez l'or et le jade dans une salle mais vous craindrez d'en confier la garde à quiconque
Celui qui a gagné richesse et honneurs, s'il devient orgueilleux, attirera sur lui le malheur
Se retirer une fois sa tâche accomplie, telle est la Voie du ciel
Les chiens de paille sont utilisés pour la décoration lors de certains rituels pour éloigner le malheur. Ils sont couverts de riches ornements, mais ce n'est pas par affection pour eux qu'on les couvre ainsi. A la fin de la cérémonie, ils sont jetés dehors et les passants les foulent du pied, mais ce n'est pas par haine qu'ils sont foulés. C'est ainsi que les êtres vivent et meurt, sans que le ciel et la terre ne leur aient accordé la fortune par amour, ou l'infortune par haine, ils avaient simplement un rôle, une tâche à accomplir.
Section : trésor de sagesse
vendredi 18 janvier 2008
Tao Te King
Le Livre de La Voie et de La Vertu
Il existe de très nombreuses éditions et de sites internet retranscrivant les paroles de Lao Tseu... Malheureusement, nous pauvres occidentaux qui ne lisons pas le chinois, nous n'avons accès qu'à des traductions hasardeuses, déformées, obscures ou maladroites, ou pire : adaptées pour que soit-disant nous les comprenions mieux. Je n'aime pas trop cette étrange manie de féliciter ceux qui ont adapté les philosophies d'Orient pour les mettre à portée des occidentaux. Je ne vois pas quelle gloire il y a à vider une chose de sa substance pour que tout le monde puisse comprendre, sans trop se fatiguer, les résidus secs qui survivent à cette philosophie fast-food prémachée. Et puis franchement, on me fera pas croire que les traducteurs étaient taoïstes !
Parfois les auteurs ne peuvent s'empêcher de faire des paraboles avec le christianisme, et donne du Saint à toutes les sauces, là où les mots sage ou vertueux seraient plus adéquat. Ces amalgames là ne font que semer la confusion dans l'esprit des lecteurs, et donne à croire que le Tao Te King est un livre énigmatique définitivement hors de portée de notre intelligence. Il y a aussi les traducteurs qui veulent en faire trop. Il y a quelques jours par exemple j'ai vu le Tao Te King traduit par "Livre de la Voie et de la Vertu du Mystère originel suprême"... Bon sang c'est dingue ce qu'on peut dire avec seulement trois mots en chinois ! Je vous laisse deviner l'état du reste de la traduction... Personnellement, plutôt que de faire de longues paraphrases, quand un mot n'a pas d'équivalent dans notre langue, mieux vaut le garder tel qu'il est. Ainsi le Livre du Tao est pour moi la meilleurs des traductions.
Bref, je ne parle pas le chinois moi non plus. Mais pratiquant le kung fu et le taichi chuan, et étant vivement passionné de culture chinoise depuis ce jour, je vais tenter de re-travailler plusieurs traductions existantes à la lumière des enseignements que j'ai reçu de mon maitre de kung fu. Quitte à mettre la main directement sur les idéogrammes.
C'est un travail que j'ai envie de faire depuis fort longtemps, et je vais le partager avec vous (chanceux que vous êtes *rire*).
Le Livre comporte 81 chapitres ou aphorisme rédigé par Lao Tseu. Il est une croyance répandue selon laquelle Lao Tseu est le fondateur du taoïsme. C'est faux, c'est simplement le premier à avoir écrit un livre (ou en tout cas le plus vieux manuscrit taoïste qui est parvenu jusqu'à nous). En vérité le taoïsme existe depuis 6000 ans, ses origines s'entremêlant avec le Yi King. La tradition orale était très forte en ces temps là, et Lao Tseu lui-même n'a écrit ce livre que parce qu'un administré lui en a formulé la requête. Il n'y a tout simplement pas de premier taoïste, la philosophie a pris forme petit à petit, elle n'a pas surgi soudainement de l'esprit de Lao Tseu qui aurait vécu il y a 2500 ans.
Le Tao est communément traduit par la Voie. Il est vrai que ce mot désigne une voie, un chemin, qui par métaphore suggère la Voie du Ciel. Il ne s'agit pas du Ciel comme étant un attribut du Divin (amalgame courant dans les traduction du Tao Te King) car il n'y a pas de dieu dans le taoïsme, mais il s'agit du Ciel comme représentant la Voie de l'Esprit, le Ciel qui s'oppose à la Terre (la matière). La Voie du Ciel, la Voie de l'Univers, du Cosmos ou de la Nature, sont des termes tous relativement acceptables.
Mais par choix, j'utiliserais presque toujours le mot Tao, parce que quand un mot n'existe pas dans une langue, quand un concept est absent d'une culture, les rapprocher de mots et de concepts de notre langue et de notre culture ne fait qu'induire en erreur le lecteur.
La meilleurs définition du Tao réside dans Tao Te King. Pourquoi réduire ce sens à quelques mots alors justement, que nous nous apprêtons à lire tout un ouvrage traitant de lui ?
Selon les sources dont je dispose, il n'y a que très peu d'idéogramme pour chaque aphorisme, tout étant dans la concision et la justesse. Je vais tenter, comme Lao Tseu, d'aller à l'essentiel. Inutile d'être précis, car comme il est dit dans le premier aphorisme : le Tao que l'on exprime par la parole et que l'on explique par la raison n'est pas le vrai Tao. C'est dans le flou artistique que chacun pourra sentir en lui, avec ses tripes, le véritable sens du taoïsme.
Je vais respecter aussi la typographie, chaque ligne correspondra à une colonne d'idéogramme, et je n'ai pas mis de ponctuation, pour garder le coté versifié, et même dans une certaine mesure adapter l'ordre des mots à l'ordre des idéogrammes...
Bref... Venons-en au coeur du sujet : ma version du texte !
Je ne vais pas rédiger aujourd'hui les 81 aphorismes du Tao Te King, j'en rédigerais une poignée de temps en temps, alors soyez patient !
Le Tao que l'on exprime par la parole et que l'on explique par la raison n'est pas la Tao Véritable
Le nom par lequel on le nomme n'est pas son Nom Véritable
Sans nom il est l'origine du Ciel et de la Terre
Avec un nom, il est la Mère des dix mille choses
C'est pourquoi celui qui n'a jamais de désir le perçoit dans sa profonde splendeur
C'est pourquoi celui qui désire constamment en observe les formes superficielles
Ce sont deux manifestations d'un même Être nommées différemment
On le dit insondable, mystérieux et insondable il est
C'est la porte qui mène à toutes les sagesses
Lorsque chacun sut reconnaitre le beau et voulut s'embellir, la laideur apparut
Lorsque chacun sut reconnaitre le bien et voulut faire le bien, le mal fut fait
C'est pourquoi l'être et le non-être s'engendre l'un de l'autre
Le difficile et le facile se muent l'un en l'autre
Le long et le court se distinguent l'un par l'autre
Le dessus et le dessous se rejoignent l'un à l'autre
Le ton et la voix s'harmonisent mutuellement
Le passé et le futur se suivent d'un instant
C'est pourquoi l'homme vertueux se garde d'agir
Il instruit par son silence
Alors dix mille choses se mettent en mouvement sans qu'il use d'autorité
Il leur donne naissance sans se les approprier
Il les fait grandir mais ne s'appuient sur elles
Une fois sa tâche accomplie, il ne s'attarde pas sur ses mérites
Il ne recherche pas les louanges, c'est pourquoi les louanges viennent constamment à lui
Ne point honorer les hommes de valeur, c'est préserver le peuple des disputes
Ne point rendre précieux les biens difficiles à acquérir, c'est préserver le peuple des vols
Ne point exposer à la vue ce qui est propres à provoquer l'envie, c'est éviter que le peuple ne troublent son coeur
C'est pourquoi l'homme sage le gouverne en lui vidant son esprit
En lui remplissant son ventre, en lui affaiblissant sa volonté, et en lui fortifiant ses os
Il s'emploie constamment à rendre le peuple ignorant et sans désirs
Il s'assure que les érudits n'osent pas se manifester
Il agit sans agir, il gouverne sans gouverner
Le Tao est vide mais si l'on en fait usage, il est intarissable
D'une profondeur abyssale, il semble être l'ancêtre de toutes choses
Il émousse tout ce qui tranche
Il délie tout ce qui est lié
Il ternit tout ce qui brille
Il transforme tout de la même poussière
Insondable, il nous semble qu'il est là depuis la nuit des temps
J'ignore de qui il est le fils
Il semble plus ancient que l'Empereur du Ciel
A propos de l'Empereur du Ciel, dans le quatrième aphorisme, j'ai utilisé une traduction littérale. Chez les anglo-saxon, on trouve God (Dieu), mais d'une part il n'y a pas de dieu dans le taoïsme, et d'autre part, l'Empereur du Ciel désignerait plutôt le Soleil. Les empereurs qu'ils soient japonais ou chinois, se pare souvent de jaune, et se proclame d'une descendance solaire.
Finalement, j'ai basé mon travail directement sur les idéogrammes chinois, c'est pourquoi il n'y en a que quatre... Il m'a fallu entre 45 minutes et une heure pour chacun, donc cela va prendre du temps... Mais cela en vaut la peine ! Je veux que mes aphorismes soient les plus fidèles que possible aux originaux.
Section : trésor de sagesse
lundi 7 janvier 2008
La vérité sur Horace
De l'art de la citation abusive
L'art de la citation m'a toujours amusé !
D'abord parce qu'il en existe toujours une qui dit exactement ce qu'il nous arrange, et aussi parce qu'un interlocuteur cultivé connait forcément la citation-parade. Et puis c'est tellement facile de jeter triomphalement une phrase toute faite à la face de nos détracteurs, comme s'il suffisait qu'une pensée soit citée pour qu'elle soit vraie ! D'autant plus qu'on peut se permettre de la citer sans même la comprendre... et là, ça devient grandiose...
Mais il y a mieux : la citation détournée. Il doit y en avoir de ces grands auteurs qui s'en retournent dans leur tombe... En voici une très célèbre, dont je viens de découvrir l'origine il y a peu. Il s'agit de la fameuse :"Qui veut la paix prépare la guerre."
Tout le monde la connaît, mais vous allez maintenant découvrir la vérité sur cet emprunt maladroit à Horace, cette amputation de sa pensée, ce détournement honteux sorti de son contexte...
Voici l'extrait :
Apprenez, maintenant, quels avantages apporte avec soi la simplicité du régime. Avant tout, vous vous portez bien. Que la variété des mets soit nuisible à l'homme, vous le pouvez croire d’après votre propre expérience, vous souvenant de cette nourriture simple qui vous a passé facilement. Mais quand on mêle ce qui est rôti et ce qui est bouilli, les coquillages et les grives, la douceur se tourne en amertume, en bile, et l'humide pituite met le trouble dans l'estomac. Voyez ces intempérants se lever pâles de la table où, entre tant de mets, hésitait leur gourmandise. Un corps appesanti par les excès de la veille fait sentir son poids même à l'âme, et rabaisse vers la terre cette portion du souffle divin. Au contraire cet autre lorsque, refait en un moment par quelque nourriture, il a livré ses membres au sommeil, revient frais et dispos aux devoirs qui l'attendent. En certains cas, cependant, il pourra passer à un meilleur régime, quand le cours de l'année ramènera quelque jour de fête, quand il croira devoir rendre un peu de force à son corps fatigué par le travail. Les années viendront, la faiblesse de l'âge voudra un traitement plus doux ; que pourras-tu alors ajouter à ces douceurs sur lesquelles tu te jettes au temps de ta jeunesse et de ta force ? Qu'en réserves-tu pour celui où tu seras attaqué par la maladie, appesanti par la vieillesse ? Nos anciens faisaient cas d'un sanglier rance ; non qu'ils n'eussent point d'odorat, mais dans cette pensée, je crois que de ses restes avancés on pouvait user utilement pour un hôte inattendu, au lieu de sacrifier sans fruit la pièce entière à l'intempérance du maître. Oh ! pourquoi la terre nouvelle encore ne m'a-t-elle pas fait naître parmi ces héros ? Donnes-tu quelque chose à la renommée dont la voix, mieux que celle des Muses, peut charmer l'oreille humaine ? Ces grands poissons, ces grands plats, apportent ensemble force dommage et déshonneur. Ajoute la colère d'un oncle, la haine des voisins, toi-même, qui ne te peux souffrir, et souhaites en vain de mourir, n'ayant pas, dans ta misère, un dernier as pour acheter de quoi te pendre. C'est à Trausius, répond-il, que conviennent de tels reproches ; moi, je possède de grands revenus, d'amples richesses qui suffiraient à trois rois. Eh bien ! de ton superflu ne saurais-tu faire un meilleur usage ? Pourquoi voit-on, quand tu es riche, languir dans une injuste indigence d'honnêtes gens ? tomber en ruine les temples augustes des dieux ? Ne pourrais-tu, méchant, de cet amas de trésors, retirer quelque faible portion, pour l'offrir à ta chère patrie ? Tu es le seul, apparemment, pour qui les choses iront toujours bien. Oh ! quel sujet de risée tu prépares à tes ennemis. Lequel, dis-moi, au milieu des chances diverses de la vie, doit le plus compter sur lui-même, de celui qui a follement assujetti à mille besoins son corps et son âme superbe, ou de celui qui, content de peu et inquiet de l'avenir, a, comme l'on dit, préparé dans la paix les armes de la guerre ?
Source et texte complet : Espace Horace (le présent extrait provient du Livre deuxième - Satire II).
Alors ? C'est quand même autre chose, n'est-ce pas ?
Section : trésor de sagesse
dimanche 30 décembre 2007
Les pièges de l'évolution
Ebloui par les premiers rayons de lumière.
Il y a quelques jours je discutais avec un proche, une de ces personnes dont je me disais il a du potentiel. Son cas n'a rien d'unique, il est même tellement courant que cela en est digne d'intérêt pour tous...
Après une phase d'élargissement d'esprit et d'élévation, il s'est aujourd'hui figé. Sans doute enorgueuilli par la hauteur de son nouveau point de vu, il y a établi son trône spirituel. Je me rappelle de lui, avide de connaissance et d'évolution, toujours volontaire pour de longues discussions, toujours prêt à essayer de nouvelles vus d'esprit...
Aujourd'hui il est assis sur les certitudes de ses maigres conquêtes, il s'imagine qu'une poussière de vérité est la Vérité toute entière, et les discussions ne sont plus l'occasion d'un échange, mais une confrontation de point de vu.
Quelle inféconde autarcie intellectuelle !
Moi je ne livre pas bataille, les débats sont pour les sots qui croient qu'une idée a pour valeur la qualité du rhéteur qui la porte. Seul compte l'échange des idées. S'il n'y a plus de terrain de discussion possible sans guerre d'égo à l'horizon, j'abandonne la partie.
Le chemin de l'évolution comporte plusieurs pièges et filets, il est tombé dans le premier, celui de l'orgueil et de la suffisance, celui du trône brillant de mille feux, érigé à peine deux petits mètres au dessus du miasme ambiant. Il a acquis des connaissances mais elles restent extérieures à lui, disjointes de son être, comme un chien savant récitant sa leçon mais restant incapable d'en extraire la substance. La spiritualité n'est finalement pour lui qu'un amusement intellectuel, de la poudre aux yeux pour avoir l'air, un masque sans rien derrière...
Sinon à quoi cela sert-il d'accumuler toutes ces connaissances si c'est pour continuer de penser et d'agir selon les mêmes schémas ?
Quelle sorte d'entrave psychologique ces gens-là batissent-ils pour ne pas s'apercevoir du fossé qu'il existe entre leurs belles théories étincellantes et ce qu'ils sont vraiment ?
Comment peuvent-ils prodiguer des conseils et émettre des jugements sans se rendre compte qu'ils sont eux-même l'objet de ce qui n'est qu'émanations de leur inconscient bafoué ?
Bref... on dirait que ceux qui ont du potentiel sont condamnés à ne pas l'utiliser. Sans doute la présence de ce potentiel indique dès le départ un décalage entre le soucis d'évolution et sa matérialisation... sans quoi, ce potentiel se réaliserait au fur et à mesure de son apparition.
Triste désillusion.
Section : philosophie et réflexions
samedi 15 décembre 2007
L'homme et les larmes
"Les garçons ça pleure pas !"
On dit que les hommes, les vrais, ça pleure pas. Et toute l'éducation de nos petits garçons se fait dans ce climat. Est-ce vraiment juste ?
La sensibilité n'est pas l'apanage des femmes, et les psychologues qui parlent de part de féminité en l'homme qu'il faut accepter n'ont rien compris. C'est une simplification grossière. Ce n'est pas la présence ou l'absence de sensibilité qui différencie le féminin du masculin, c'est surtout la façon de gérer cette sensibilité.
Il suffit de regarder les enfants les plus jeunes, ceux qui ne portent pas encore de masque, pour se rendre compte que les petits garçons ne sont pas moins sensibles que les petites filles. Beaucoup de choses les différencient, mais pas ça.
Pour avoir été surveillant (pion comme on dit) dans un collège, j'ai plusieurs fois été témoin des réactions des garçons au cinéma, lors des scènes sentimentales... C'est amusant la façon dont ils éclataient de rire dans ces moments-là, d'une façon tellement exagérée... ils ne riaient pas pour eux, mais pour que les autres les entendent rire, et pour se désimmerger du film. La peur de découvrir (et que l'autre le remarque) qu'ils ont des sentiments que l'éducation condamne.
Et ce ne sont pas les psychologues, malgré l'intention louable au départ, qui vont changer les choses. C'est pas en disant "tu peux pleurer, tu dois accepter ta part de féminité" que ça va faire fléchir les garçons... qui veulent surtout pas ressembler à des filles ! Puisque tout le monde est fait comme ça, ça ne serait pas plus simple d'accepter qu'avoir des sentiments ce n'est ni féminin ni masculin, que c'est juste être humain ?
"Tu peux pleurer, c'est être humain", ça sonnerait mieux quand même pour leurs oreilles...
C'est vrai, lorsque les psychologues ont divisé le monde, ils ont donné aux femmes tout ce qui fait la beauté de l'humain (la sensibilité, la compréhension, la compassion, le don de soi) et aux hommes tout ce qui en fait sa laideur (l'agressivité, le goût pour la destruction). C'est un peu injuste quand même ! Mais c'est surtout archi-faux... Ensuite pourquoi diviser le monde en deux pour vouloir juste après en recoller les morceaux, avec des "tous les hommes ont une part de féminité, et toutes les femmes ont une part de masculinité" ? Quelle est cette étrange schizophrénie de voir tantôt tout en noir et blanc sans nuance, et tantôt tout en gris ?
C'est pourtant le contraire... Hommes et femmes ne sont ni totalement différents, ni totalement semblables...
Alors quel est le lien entre l'Homme au sens noble du terme et le sentimentalisme ?
L'Homme noble peut avoir des larmes. C'est vrai, l'Homme ne pleurniche pas. Il assume. Il a des larmes sans pour autant s'effondrer, sans gémir ou s'apitoyer sur son sort, sans se faire plaindre. Il a des sentiments sans que cela le rende plus faible. Il ne fuit pas le regard des autres quand ses propres yeux sont mouillés, car il ne craint ni ce qu'il est, ni ce que pensent les autres de lui.
Avoir des larmes mais rester grand...
Il n'y a aucun courage à enterrer son coeur ou à l'enfermer dans un coffre-fort. Celui qui le laisse exposé, celui qui se heurte à la vie en surmontant tous ses aléas sans renoncer aux sentiments, celui-là est digne du mot courage.
Les coeurs de pierre ne sont que des carcasses vides, des morts en sursis...
Section : philosophie et réflexions
mardi 11 décembre 2007
L'exception française des retraites
Un système en faillite ?
On nous dit que le système des retraites français ne marche plus...
Il y aurait de plus en plus de retraités pour de moins en moins d'actif... donc que les actifs ne seraient plus assez nombreux pour payer les retraites des vieux...
C'est archi-faux...
Il suffit de prendre le problème vu d'un angle différent pour s'en rendre compte !
Tous les retraités ont cotisé une vie entière. Donc ce ne sont pas les actifs qui payent aux vieux leur retraite, c'est le retraité qui a financé par avance sa retraite tout au long de sa vie...
Vous n'êtes toujours pas convaincu ?
Imaginez alors que sur votre fiche de paye, au lieu de verser votre cotisation à l'état, vous la versiez sur un compte bloqué. Tous les mois, vous faites votre petit versement, la somme grossit, fructifie même, et à partir de soixante ans, le compte est débloqué et vous touchez votre somme épargnée.
Vous êtes d'accord que même si demain il y a dix vieux pour un actif, cela n'y changera rien ?
Bien.
Alors maintenant imaginez que l'argent, au lieu de le verser sur un compte en banque, vous le versiez sur un compte commun à tous les français... Ca changera quoi ? Rien évidemment ! Les règles de l'arithmétique ne changent pas, et toutes les sommes versées existeront toujours !
Comme quoi les pirouettes sur la pyramide des ages qui a changé, le papy-boom qui remplace le baby-boom, c'est du flan, des âneries, des mensonges.
Alors pourquoi il n'y a plus d'argent dans les caisses ?
Ce n'est pas parce que le système ne marche pas, c'est parce que l'état a piqué des sous dedans (en toute illégalité par ailleurs).
mardi 4 décembre 2007
Symbiose cosmique
Petite histoire de la vie en kaléidoscope.
J'en vois déjà qui rient de bon coeur à la lecture de ce titre !
Et non, cela n'a rien à voir avec certaines errances New Age, juste une petite réflexion qu'il est bon de pousser jusqu'au bout !
Comme le disait Einstein, l'important c'est l'imagination...
Attachez vos ceintures, ça va secouer !
Tout commence par les fourmis... Ces petits êtres dont l'intelligence individuelle n'est pas très brillante, mais excellente dans l'unité de la fourmilière.
Les chercheurs se sont interrogés et ils ont fait quelques expériences amusantes.
Lorsque la fourmilière n'est constituée que d'une dizaine de fourmi, les tunnels de celles-ci sont peu nombreux et mal conçus. Il y a fréquemment des éboulements. La structure en elle-même ne présente aucune propriété : un simple dédale de tunnels aléatoires. Quelque soit le temps laissé à cette dizaine de fourmi, il n'y aura aucune amélioration.
Lorsque la fourmilière comporte une centaine d'individu, les tunnels et les cavernes sont mieux faits, il n'y a plus d'éboulement, la structure est meilleurs et commence à être un peu plus fonctionnelle, mais il subsiste de nombreuses imperfections.
Avec un millier d'individu, la fourmilière devient très complexe, comporte plusieurs salles, et possède un véritable système de climatisation.
Les fourmis communiquent beaucoup entre elles de nombreuses façons (odeurs, marqueurs chimiques au sol, etc), et ne peuvent pas mentir, ainsi on peut considérer qu'une fourmis est à la fourmilière ce que le neurone est au cerveau.
Plusieurs autres recherches ont été menée, et toutes amènent à penser que la fourmilière est une entité à part entière.
Dans l'univers, la grande unité et l'individu différencié joue une grande partie de cache-cache... On voit l'un, puis l'autre, mais rarement les deux en même temps.
Un être humain est un individu, une entité, un tout.
Mais un tout composé d'organes et de cellules. Mais chacune de nos cellules est aussi une unité. Certaines de nos cellules peuvent continuer à vivre plusieurs jours détachées (donc différenciées) du reste de notre corps. Avec les transplantations d'organe, vous pouvez donner un de vos reins à un de vos proches qui en a besoin. Ce rein détaché de votre corps va former une nouvelle unité avec le corps receveur.
Cet assemblage d'organe et de tissu, dont on peut perdre des bouts et en recevoir d'autre, forme pourtant un tout, une unité, une individualité avec sa propre personnalité, qui fait que quelque soit les altérations, ça sera toujours vous.
Et d'où vient l'émergence de cette individualité ? D'une seule chose : la symbiose, de chaque partie de votre corps. Si chaque partie de votre corps cessait d'agir à l'unisson, c'en serait finit de vous.
Finalement, c'est en agissant de façon indifférenciée que vos cellules vous permettent de vous différencier...
Revenons à nos fourmis. L'individualité d'une fourmi est indéniable, celle de la fourmilière l'est aussi. Alors qu'en est-il de l'homme ? Avec les moyens de communication dont nous disposons, il serait difficile de nier l'existence de l'homme symbiotique, l'homme constitué de tous les hommes. Bien-sûr, contrairement aux fourmis, l'homme sait mentir, ou cacher des informations. Autant de choses qui font de l'homme symbiotique un être encore tourmenté, schizophrène, souvent fou, loin de l'épanouissement et de l'éveil.
Bien-sûr une fois qu'on a franchis ce pas, tout devient imaginable. Notre planète bleue elle-même peut être vue comme une entité symbiotique... Si nous laissons aller notre imagination, nous voyons en l'être humain le système nerveux de la Planète, les forêts sont le système respiratoire, les animaux toujours en mouvements sont un peu son sang apportant les nutriments aux autres organes (ou pourquoi pas l'instinct de la planète), les roches sont le squelette...
Les hommes et leur folie des temps modernes (leurs guerres et leur production grandissante de déchets détruisant l'environnement), ainsi que leur démographie démesurée (que multiplie leurs besoins disproportionnés) ressemblent à une maladie se répandant sur toute la surface, tel un cancer. Les cellules saines du cerveau de notre planète arriveront-elles à contenir les cellules cancéreuses ? Tel est le défi de l'humanité...
Vu de loin La Terre ressemble à une cellule vivante...
Et l'univers entier, le Cosmos, qu'en est-il ? Il est vrai qu'on peut difficilement concevoir une symbiose de si grande échelle. Mais à l'instant même du big bang, le Cosmos contenait les germes (pourquoi pas les gènes) qui allaient lui permettre d'enfanter la Vie partout en lui.
Il faut sans doute comprendre qu'à l'échelle de l'univers entier, le temps ne se compte pas en seconde. La vie d'un humain n'est qu'un battement de cil pour l'univers... Qui sait si la mécanique céleste, à des échelles temporelles infiniment plus grandes, n'engendre pas des phénomènes similaires à la vie que l'on connait ici-bas ?
Est-il conscient ?
Est-il pensant ?
Est-il agissant ?
Des questions qui donnent le vertige !...
Par exemple dans la volonté d'écrire un blog.
Qu'est-ce qui poussent des milliers voire des millions de personnes à ouvrir un blog sur internet ? Pourquoi faire partager ses joies, ses peines, ses réflexions, ses coups de coeur ou ses coups de gueule ? Avec des inconnus ? C'est la part symbiotique en nous qui s'expriment, cette partie de notre être qui se sent appartenir à quelque chose de plus grand, et qui veut apporter sa pierre à l'édifice.
La littérature, les arts en général, même s'ils ne peuvent pas être réduit qu'à cela, puisent une grande partie de leur raison d'être dans cet instinct de l'homme symbiotique.
Réfléchissez bien... Combien de fois avez-vous eu envie de partager, de diffuser des idées, de les porter sur le devant de la scène ? Quelle était votre motivation profonde ?
Nous ne sommes pas des fourmis. Nous ne sommes pas des petites ouvrières se sacrifiant pour une chose qui nous dépasse !
Notre épanouissement réside dans un subtil équilibre entre notre individualité et notre lien avec l'homme symbiotique, ou avec la Terre-Mère.
Et l'Âme dans tout ça ?
Et si il existait une Âme contenant toutes les âmes humaines ?
Si la Terre avait une Âme elle aussi ?
Et le Cosmos ?
Section : philosophie et réflexions